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Mise en place d'une stratégie nationale pour l'application des textes portant mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
 

 

ALGÉRIE-UA-SOMMET

Allocution du Président BOUTEFLIKA au sommet de l'UA sur le point "la situation de la paix et de la sécurité en Afrique"

Le Président de la République, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, a prononcé mardi à Charm El-Cheikh une allocution devant la 11ème conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'Union Africaine, sur le point "la situation de la paix et de la sécurité en Afrique", dont voici le texte:

"Monsieur le Président,

La persévérance de l'Afrique est le meilleur gage de succès pour parvenir à un règlement définitif et durable des conflits et des crises sur le continent. Nous n'avons d'autre choix que d'avancer dans cette voie, en continuant à œuvrer ensemble et à conjuguer toutes les énergies, pour parvenir à l'instauration d'une paix et d'une sécurité durables.

Monsieur le Président,

Le récent déploiement de la Mission des Nations Unies et de l'Union Africaine au Darfour aura constitué un développement significatif à même de renforcer l'architecture de paix au Soudan et de relancer le processus de règlement d'une crise qui n'a que trop duré.

Cette nouvelle étape, qu'il convient de saluer, représente un jalon supplémentaire dans le règlement de la crise, conformément à la dynamique créée par l'Accord d'Abuja de mai 2006.

Dans les efforts qui restent à accomplir pour faire aboutir définitivement le processus de règlement, nous saluons les actions en cours en vue de réunir toutes les factions autour d'une plate forme de négociation commune et d'asseoir les bases d'une paix et d'une sécurité durables pour tous.

Il appartient, désormais, à toutes les parties d'adhérer à cette dynamique de paix et de s'investir pleinement pour impulser les négociations de paix, dans l'esprit des principes et des objectifs contenus dans l'Accord d'Abuja.

La persistance des hostilités, pénalisante en premier lieu pour les populations, est également une source de préoccupation en raison des dangers qu'elle fait peser sur l'ensemble de la région et que les derniers développements qu'a connus le Soudan, plus particulièrement l'attaque d’Oum Dourman, risquent d'aggraver en semant de nouveaux germes de conflit et d'instabilité.

Par ailleurs, il est évident que des relations apaisées entre le Soudan et le Tchad frères contribueront à atténuer les tensions dans la région, déjà trop éprouvée, et à favoriser un meilleur climat pour relancer le processus de paix au Darfour.

Monsieur le Président,

La Corne de l'Afrique continue de faire face à la grave crise qui sévit en Somalie depuis presque deux décennies. La situation de ce pays, qui reste dramatiquement marquée par l'instabilité et la persistance de la violence, nous inquiète profondément tant le risque demeure de voir les efforts de stabilisation, de promotion du dialogue et de réconciliation contrariés.

Si l'urgence du règlement politique de la crise somalienne n'est plus à démontrer, il est tout aussi évident que l'aboutissement de toute tentative de solution requiert l'implication de toutes les composantes somaliennes. Il y va de l'intérêt des Somaliens, de la stabilité de la Somalie et de la paix
dans cette région particulièrement sensible.

La Communauté internationale est également interpellée pour qu'elle assume toutes ses responsabilités et s'investisse dans la recherche d'une solution à l'un des conflits les plus épineux du continent et à une situation humanitaire des plus préoccupantes. Elle ne peut, en dépit de la complexité de la situation, s'accommoder du sort qui est actuellement celui de ce pays.

Nous saluons la conclusion, le 9 juin dernier à Djibouti, de l'accord de cessation des hostilités issu des pourparlers de paix entre les frères somaliens, sous les auspices des Nations Unies. Nous formons l'espoir que ce nouveau développement ouvrira des perspectives à une sortie définitive de la crise et au règlement politique durable de celle-ci.

Pour cela, il est impératif d'appuyer le gouvernement légitime en place afin d’asseoir en Somalie un climat plus sécurisé et de réunir les conditions propices à l'instauration de la confiance entre les Somaliens, en tant que voie privilégiée pour permettre à ce pays frère d'engager un nouveau départ.

Monsieur le Président,

Nous sommes particulièrement heureux des progrès que la Côte d'Ivoire continue d'enregistrer dans le cadre du processus politique lancé à la faveur de la signature, le 4 mars 2007 à Ouagadougou, de l'accord de paix, sous la médiation du Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, auquel j'adresse mes félicitations les plus chaleureuses pour ses bons offices.

La signature en novembre dernier des deux accords complémentaires marque une évolution favorable dans cette direction et, en même temps, une claire indication de la détermination de toutes les parties à honorer les engagements contractés et à surmonter, par le dialogue, les difficultés qui peuvent se dresser devant elles.

Monsieur le Président,

C'est avec satisfaction que nous avons noté l'évolution de la situation dans l'Ile d'Anjouan, marquée par le retour de l'île dans l'archipel des Comores, sous la souveraineté du Gouvernement fédéral.

La fin de la rébellion dans ce pays frère a été le résultat d'une véritable symbiose de la mobilisation des autorités et du peuple comoriens, d'une part, et, d'autre part, de la détermination de l'Union Africaine, à travers son Conseil chargé de la paix et de la sécurité, à faire prévaloir la légalité et la souveraineté comoriennes sur cette île.

Enfin, je voudrais saisir cette occasion pour lancer un appel fraternel afin que, dans le différend qui a surgi entre Djibouti et l'Erythrée, la voie du dialogue soit empruntée et que la plus grande retenue soit observée pour le bien des deux pays et de leurs peuples ainsi que de la région, déjà trop éprouvée, de la Corne de l'Afrique et du continent en général.

Je vous remercie de votre attention".

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