|
|
DECLARATION
FINALE
Les Ministres
et responsables africains réunis à Alger, les 9 et 10 janvier 2007, dans
le cadre de la Conférence régionale africaine de haut niveau sur la
contribution de l’Energie nucléaire à la Paix et au développement
durable ;
Conscients des progrès considérables enregistrés au niveau mondial
dans le domaine des sciences et de la technologie nucléaires et de leur
impact sur l’amélioration de la santé humaine, la nutrition,
l’agriculture, la mobilisation des ressources en eau et la protection de
l’environnement ;
Conscients également de la contribution que peut apporter l’énergie
nucléaire à la consécration d’une paix et d’un développement
durables en Afrique, indispensables au progrès et à l’amélioration du
bien-être des peuples de la région ;
Conscients de même de la nécessité de renforcer de façon
significative l’appui à la promotion des sciences et de la technologie
nucléaires au service du développement de l’Afrique ;
Soulignant le regain d’intérêt enregistré au niveau mondial pour
l’énergie nucléaire comme alternative viable et durable aux énergies
fossiles et comme option stratégique de diversification des sources de
production d’énergie destinées à assurer la sécurité énergétique du
Contient africain ;
Soucieux d’explorer toutes les voies et options offertes à l’Afrique
y compris celle de l’électronucléaire pour réaliser son développement
et atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement, tenant
compte des besoins des populations africaines dans les domaines de la santé,
de l’agriculture, de l’alimentation, des ressources hydriques, de
l’industrie et de l’énergie notamment par le biais de la coopération
et l’établissement de partenariats stratégiques ;
Conscients de la nécessité de promouvoir l’utilisation des
sciences et de la technologie nucléaires au service du Développement
socio-économique de l’Afrique, tenant compte de l’importance stratégique
de la protection de l’environnement à travers notamment des mesures
efficaces et contraignantes de gestion des déchets radioactifs ;
Réaffirmant qu’une adhésion universelle au Traité de Non-prolifération
des armes nucléaires (TNP) et au régime des garanties de l’Agence
Internationale de l’Energie Atomique ainsi que leur mise en œuvre
effective, contribuent à la paix et à la sécurité régionales et
internationales ;
Réitérant la nécessité d’une mise en œuvre équilibrée et non
sélective des dispositions du Traité de Non-prolifération des armes nucléaires
en tenant compte des engagements pris dans le cadre de l’article VI de ce
Traité ;
Rappelant la déclaration solennelle de l’OUA, sur la dénucléarisation
de l’Afrique adoptée lors de la première Conférence des Chefs d’Etat
et de gouvernement de l’OUA, tenue, au Caire du 17 au 21 juillet 1964 et
la résolution 2033 (XX) de la l’Assemblée générale de l’ONU sur la dénucléarisation
de l’Afrique, adoptée le 3 décembre 1965 ;
Soulignant le rôle primordial de l’Agence internationale de l’Energie
atomique dans la promotion des utilisations pacifiques de l’Energie nucléaire
pour le développement humain conformément à l’article II de son statut ;
Conscients de la nécessité de consentir davantage d’efforts dans
le domaine des utilisations pacifiques de l’Energie et des technologies
nucléaires afin d’accélérer le développement socio-économique de l’Afrique
;
Ayant adopté le discours d’ouverture de son Excellence Monsieur
Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République, en tant que document de
travail de la Conférence ;
1- Réaffirment le choix stratégique de l’Afrique en faveur des
utilisations de l’atome à des fins exclusivement pacifiques conformément
à l’article IV du TNP ;
2- Remercient le Gouvernement algérien d’avoir organisé cette
Conférence comme contribution à la promotion des utilisations pacifiques
de l’Energie et des technologies nucléaires en Afrique ;
3- Expriment leur profonde gratitude à son Excellence Monsieur
Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne, d’avoir
accepté que cette Conférence se tienne sous son Haut patronage ;
4- Se félicitent de la participation du Dr. Mohamed El Baradei,
Directeur Général de l’AIEA, d’un grand nombre de Ministres et
responsables africains et de Commissaires de l’Union africaine à cette
Conférence, témoignant ainsi de l’importance et de l’intérêt
particulier, accordés par les Etats africains et l’AIEA au thème de
cette rencontre ;
5- Se félicitent aussi des progrès réalisés par certains pays
africains dans le domaine des utilisations pacifiques de l’Energie et des
technologies nucléaires et appellent au renforcement de la coopération
inter- africaine développée notamment dans le cadre de l’accord régional
de coopération pour l’Afrique sur la Recherche, le développement et la
Formation dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires (AFRA) ;
6- Soulignent la nécessité de développer, aux plans national et régional,
de politiques de promotion des utilisations pacifiques des sciences et
technologies nucléaires, pour accélérer le développement socio-économique
et améliorer le bien-être des populations africaines ;
7- Exhortent les Etats africains à accroître la part du budget
consacré aux programmes de recherche scientifique et de développement
technologique, pour atteindre à moyen terme l’objectif visant
l’allocation de 1% du PIB à ces programmes et invitent les Etats
africains à inclure ce pourcentage comme un indicateur du Mécanisme d’Evaluation
par les Pairs ;
8- Se félicitent également de la coopération qui existe entre les Etats
africains et l’Agence internationale de l’Energie atomique dans ce
domaine, et exhortent celle-ci à renforcer son programme de coopération
avec les Etats africains aussi bien au niveau bilatéral que dans le cadre
de l’appui à la mise en œuvre de l’Accord AFRA ;
9- Encouragent l’intégration des programmes AFRA dans le cadre du NEPAD
afin de conforter l’intérêt du Continent pour les sciences et
technologies nucléaires et de renforcer la dynamique du nouveau
partenariat pour le Développement de l’Afrique ;
10- Exhortent les Etats africains qui ne l’ont pas encore fait, à
ratifier l’Accord portant création de la Commission Africaine de l’Energie
(AFREC), dont le siège est à Alger et encouragent l’AIEA à développer
avec cette dernière un partenariat privilégié dans les limites de
leurs mandats respectifs ;
11- S’engagent à renforcer les mesures de sûreté et de sécurité
nucléaires dans le cadre d’une démarche globale visant la promotion
d’une utilisation sûre et responsable de l’énergie nucléaire à des
fins pacifiques en tenant compte des exigences en matière de Non-prolifération
des armes nucléaires ;
12- Encouragent les Etats africains qui ne l’ont pas encore fait à
prendre les mesures qu’ils jugeront utiles pour accélérer l’entrée en
vigueur du Traité instituant une zone exempte d’armes nucléaires en
Afrique (Traité de Pelindaba), et lancent un appel aux autres Etats Non
Africain concernés pour qu’ils ratifient les protocoles du Traité et
permettre ainsi l’entrée en vigueur du Traité ;
13- Réitèrent leur soutien à la création d’une zone exempte
d’armes nucléaires au Moyen-Orient comme mesure de confiance importante,
pouvant contribuer à l’instauration de la paix et de la sécurité dans
cette région ;
14- Adoptent le Plan d’action en annexe à la présente Déclaration
finale de la Conférence et, décident de les soumettre comme
contribution, au prochain Sommet de l’Union africaine, prévu à
Addis-Abeba, les 29 et 30 janvier 2007, consacré à la science et à la
technologie au service du développement.
Fait à Alger,
le 10 janvier 2007
|