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ALGÉRIE-UA-SOMMET
Allocution du Président BOUTEFLIKA sur les réalisations des OMD pour l'eau
et l'assainissement
Le Président de la République, M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, a prononcé
lundi à Charm El-Cheikh (Egypte) une allocution devant la 11e conférence
des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaine traitant du thème
sur "la réalisation des Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD) pour l’eau et l’assainissement". En voici le
texte intégral :
"Monsieur le Président,
Je tiens, tout d’abord, à adresser mes vifs et sincères remerciements au
Président Mohammed Hosni Moubarak ainsi qu’au gouvernement et au peuple
égyptiens pour l’accueil chaleureux et fraternel qui nous a été
généreusement réservé depuis notre arrivée.
Le thème central de notre sommet concerne l’un des Objectifs du
millénaire pour le développement relatif à l’eau et à
l’assainissement.
Notre continent connaît une situation paradoxale. C’est un espace doté
de ressources hydriques considérables mais qui souffre en même temps
d’une menace constante de pénurie d’eau. Notre consommation en eau
potable représente actuellement à peine 4 % de nos potentialités.
Ceci montre qu’il nous reste un long chemin à parcourir et de gros
efforts à accomplir pour réunir les conditions et les moyens de la
réalisation de la cible 10 des Objectifs du millénaire pour le
développement, qui prévoit de réduire de moitié d’ici à 2015, le
pourcentage de la population qui n’a pas un accès de façon durable à un
approvisionnement en eau potable et à un assainissement de base.
Selon les sources spécialisées de l’ONU, cet objectif ne serait atteint
qu’en 2076 pour une grande partie de l’Afrique si nous continuons à
progresser au rythme actuel.
Monsieur le Président,
Notre continent a tenu à accorder à l’objectif de l’accès universel
à l’eau potable une place centrale dans le Programme NEPAD. Les
initiatives de portée stratégique lancées par l’Afrique comme la
Conférence panafricaine d’Addis Abeba en 2003 pour le partenariat sur
l’eau ou la Déclaration de Syrte de 2004 sur les enjeux de la mise en œuvre
du développement intégré et durable en agriculture ainsi que le travail
remarquable entrepris dans le cadre du Conseil ministériel africain de
l’eau sont révélateurs de cette détermination de l’Afrique à
développer une approche cohérente de la gestion de la problématique de
l’eau et de l’assainissement.
Par ailleurs, la création, en 2003, par le secrétaire général des
Nations unies du Conseil consultatif de l’eau et l’assainissement
démontre une prise de conscience de la part de la communauté
internationale de la nécessité de soutenir les efforts de l’Afrique.
Monsieur le Président,
Il sera important pour nous de réaffirmer l’importance des objectifs
définis dans le cadre du NEPAD et de l’Union Africaine en matière
d’eau et d’assainissement, comme les actions concrètes identifiées au
titre de ce programme tant au niveau national que continental ou
international, et d’encourager l’option du programme transfrontières de
gestion des ressources hydriques inscrit dans le projet de Plan d’action
africain UA/NEPAD.
D’autre part, il faudrait orienter, en priorité, l’aide internationale
au développement vers la réalisation des infrastructures d’eau potable
et d’assainissement. Il est vital, pour cela, que l’Afrique parle
d’une même voix lors du prochain Forum mondial de l’eau à Istanbul, en
appelant notamment nos partenaires au développement à honorer leurs
engagements en termes d’aide au développement et de lutte contre la
pauvreté.
Il nous appartient de soutenir et renforcer le fonds "Facilité
Africaine pour l’eau" domicilié à la Banque Africaine de
développement afin d’appuyer de façon adéquate les pays en difficulté
en matière de réalisation d’infrastructures d’eau potable et
d’assainissement ainsi que dans la gestion intégrée de la ressource
hydrique.
Il est en même temps nécessaire de développer une approche
transfrontalière de la gestion des ressources hydriques superficielles et
souterraines comme cela est le cas entre l’Algérie, la Libye et la
Tunisie qui ont, à travers le système aquifère du Sahara septentrional,
élaboré un mécanisme efficace de concertation et d’aide à la prise de
décision garantissant l’équité des usages et la préservation de la
ressource.
Le diagnostic étant largement établi des enjeux et des besoins de notre
continent pour aspirer valablement à une accélération de la réalisation
des Objectifs du millénaire pour le développement, nous lançons un appel
à tous nos partenaires pour qu’ils s’associent à nos efforts et
contribuent pleinement à cette œuvre aussi déterminante du bien-être de
l’homme africain qu’indispensable pour le progrès humain en
général".
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